Retrouvez tout au long de l’année 2018 les portraits de personnes qui conjuguent emploi et handicap.

David Kennicker

Formateur professionnel à Pont-de-Claix, en Isère

Il est temps pour moi de transmettre. Tout ce que j’ai pu apprendre, toutes les capacités et les compétences que j’ai eu depuis toutes ces années, c’est vrai que je peux les transmettre.

Je m’appelle David Kennicker, j’ai eu cinquante ans cette année, ça fait deux ans que je suis formateur professionnel pour adultes.

J’ai une maladie qui a commencé à se déclarer en 2007, basée principalement sur ma cheville et sur le tibia. J’appelle ça de l’arthrose spongieuse. C’est une maladie très peu connue, on n’a pas réellement de traitement dessus. Suite à des examens, suite à des opérations, j’ai été obligé de monter un dossier de RQTH pour être reconnu travailleur handicapé. Donc en quatre ans j’ai changé environ trois fois de poste.

Avec le partenariat de la Sameth, on a essayé d’adapter un nouveau poste ou de créer un nouveau poste pour moi là-bas, ce qui m’évitait de quitter l’entreprise. Ca n’a pas été possible. Ca n’a pas été possible…

[Bruits de vaisselle, discussions]

[Un serveur s’exclame]

N’hésitez pas sur la pintade elle est suprême !

[Rires]

J’ai fait un bilan de compétences. Ce qui m’intéressait c’était d’être formateur professionnel d’adultes.

[Les bruits de cantine s’estompent]

[Sons extérieurs, pas sur le gravier, des jeunes s’interpellent]

J’interviens principalement sur quatre types de formation : la soudure, qui était mon premier métier, agent de fabrication industrielle, conducteur d’installation de machines automatisées, TPI – technicien de production industrielle, et aussi TMI – technicien de maintenance. Le public est varié, j’ai eu des gens comme moi en reconversion professionnelle suite à un handicap – j’en ai un actuellement dans ma session, j’ai eu des profils de Pôle Emploi, j’ai eu le programme HOPE, c’est-à-dire des réfugiés qui ont signé un contrat avec l’État français et avec l’AFPA pour apprendre un métier et pouvoir rester et s’intégrer en France…

On apprend vraiment à former tout court. En fin de compte on apprend à apprendre. On apprend vraiment à respecter les autres, à les écouter… C’est aussi un plaisir !

[Bruit de compresseur]

[David s’adresse à ses élèves]

C’est validé ? OK. Parce que je vais vous faire des évaluations là-dessus un peu plus tard. Fin de semaine ce sera une petite évaluation sur les automatismes.

[Des élèves échangent autour d’une machine sur les étapes à suivre]

Je sais qu’avec ma maladie, si j’ai un accident ce sera l’amputation. Donc il faut se préparer psychologiquement, et c’est hors de question que je devienne dépendant de quelqu’un.

Pour moi le travail c’est déjà une reconnaissance sociale, c’est de participer à la vie d’une région, d’un pays, c’est pour ça que je ne veux pas être dépendant, moi je veux participer activement.

[Des bruits de pas résonnent en intérieur]

[Une clé entre et tourne dans une serrure]

Partager

Pour David Kennicker, formateur professionnel pour adultes depuis deux ans à l’AFPA, il est aujourd’hui temps de « transmettre ». En 2007, une spondylarthrite ankylosante commence à se manifester. David monte alors un dossier de RQTH et change plusieurs fois de poste en quatre ans. Aidé de Cap Emploi, il essaie d’adapter ou de créer un nouveau poste chez son employeur, sans succès. C’est en réalisant un bilan de compétences que David s’oriente vers le métier de formateur professionnel.